Échelon spécial : circulez, y’a (presque) rien à promouvoir (billet d'humeur)
- Le 06/06/2026
- Dans articles 2026
La dernière campagne relative à l’attribution de l’échelon spécial a été publiée sur Ulysse le 26 mai 2026. Les candidatures doivent être déposées pour le 8 juin, ce qui laisse peu de temps pour se retourner...
Cependant, les enjeux semblent bien minces puisque sur l’année dernière, seuls 15 indices avaient été distribués pour 82 demandes. Pourtant, à sa création, l’échelon spécial était présenté par la Direction générale comme un moyen pour les AFIPA de « booster » leur carrière. Mais la Direction Générale a souhaité « privilégier » sa « logique du mérite » sur une logique d’attribution en fin de carrière qui aurait permis un meilleur renouvellement.
Le SCSFIP souhaite rappeler que cet échelon spécial est destiné par nature aux fins de carrière et non à une reconnaissance du mérite. Cette dernière doit être portée par d’autres moyens tels qu’un accès facilité aux postes d’AE ou un dispositif qui reconnaisse une vraie technicité. En effet, avec l’échelon spécial, la création des postes CSA et les postes CSC, la DG tente de donner une sortie honorable aux AFIPA qui se retrouvent de fait bloqués au milieu de l’ascenseur social et professionnel par l’absence de perspectives.
Pour rappel, le SCSFiP avait calculé ab initio que, si elle avait été correctement gérée, l’enveloppe fermée des 270 échelons spéciaux aurait pu permettre à tout AFIPA d'atteindre l’échelon spécial avant son départ en retraite. Au lieu de cela, 3 ans après la création du dispositif, il ne restait plus que 15 indices à distribuer et nous ne savons absolument pas quel sera le volume pour cette campagne. Il sera nécessairement réduit malgré toutes les alertes que le SCSFIP avait exprimées lors des groupes de travail à l’époque (rappelons que la DGFIP ne fait plus aucun groupe de travail sur ce sujet…).
De surcroît, les cadres entrés dans l’échelon spécial peuvent être amenés à partir en détachement sur un poste de chef de service comptable (CSC) ou administratif (CSA) générant ainsi une double consommation d’indices qui obère encore les possibilités de reconnaissance. Le SCSFIP réitère sa demande : les échelons spéciaux des collègues détachés sur un CSC/CSA doivent pouvoir être redéployés au bénéfice de cadres en fin de carrière.
Face à cette situation, la DGFIP tente de limiter les impacts de son imprévoyance en envisageant la mise en place d’un statut d’AFIPA expert qui brille par son absence de transparence et laisse à penser qu’il serait moins intéressant qu’un indice HEA.
Enfin, comme le défendait le SCSFIP et malgré les dispositions réglementaires initialement prévues, les AFIPA qui auraient rejoint un poste d’administrateur de l’État non pourvu, se voient désormais privés de toute possibilité d’intégrer le grade d’administrateur de l’État sans passer par la sélection dédiée. Dès lors, le parcours de carrière des AFIPA se retrouve dans une impasse. Force est de constater que les AFIPA voient, années après années, la valorisation de leur parcours professionnel s’obscurcir face à une absence totale de vision de la direction générale sur les emplois et les carrières de ses cadres.