Tour extérieur des administrateurs de l’État 2025, encore moins d’AFIPA lauréats !
- Le 12/12/2025
- Dans articles 2025
Après les deux premières sélections qui se sont avérées décevantes pour les collègues de la DGFiP, il semblerait que le TEAE 2025 ne tienne - encore une fois - pas ses promesses.
Pour rappel, en 2023, seul 17 AFIPA avaient été promus pour la première année d’intégration de la sélection AFIP dans cette sélection du tour extérieur (déjà existante rappelons-le). Si l'on pouvait entendre que c’était la première année et que le jury n’était pas familiarisé avec les parcours très spécifiques des AFIPA de la DGFiP, on était quand même loin de la promotion de 35 lauréats annoncés par la DG lors des webinaires de présentation. Quand nous nous alarmions sur ces résultats, on nous répondait « patience ! »
En 2024, il y a eu 133 candidats de la DGFiP tous grades confondus et 61 dossiers avaient été retenus à l’issue de la présélection ministérielle. Au final, 23 AFIPA et 2 IP avaient été reçus ; c’était mieux que l'année précédente mais « peut mieux faire »
Cette année, 129 dossiers avaient été déposés par la DGFiP au comité ministériel de pré-sélection
- 67 dossiers AFIPA
- 44 dossiers IP
- 8 dossiers APAE (attachés principaux d’administration d’Etat) qui sont tous affectés en administration centrale
- 9 dossiers IDIV et 1 dossier Inspecteur (il n’est pas inutile de rappeler que cette sélection est ouverte - et l’a toujours été - aux cadres A justifiant de 8 années d’exercice même si, à la DGFiP, peu d’entre eux tentaient cette sélection ; aucun de ces dossiers n’a d’ailleurs été retenu par le comité de pré-sélection).
Sur ces 129 dossiers, seuls 57 ont été présélectionnés, soit 4 dossiers de moins que l’année précédente. Dans le détail : 46 AFIPA, 6 IP, et 5 APAE, qui ont donc été autorisés à passer l’oral de sélection.
On peut s’interroger sur les critères de présélection quand le nombre de dossiers sélectionnés baisse, mais malheureusement aucune communication sur ces critères n'a été diffusée ! Dans les rapports du jury, peu d’éléments sont fournis sur ces critères, et la présélection reste donc « le choix du roi ».
Les résultats définitifs du TEAE sont tombés le 3 décembre 2025 et le moins que l’on en puisse dire, c’est que la cible des 35 promise par la DG est encore loin d’être atteinte. Ainsi, sur les 88 candidats reçus tous ministères confondus, seuls 29 le sont au titre de la DGFiP.
Cette cible est en fait un nombre de postes offerts qui ne garantit pas un volume de promotions, et il se trouve justement qu’en 2026, la DGFiP avait annoncé qu’elle ne devrait proposer que 30 postes en sortie du TEAE. Il faut croire que déjà ils ne croient plus en notre capacité collective à fournir 35 lauréats !
Quand on s’intéresse de plus près aux résultats, voilà ce qu’il en ressort
Sur les 5 APAE présélectionnés, tous ont réussi la sélection (et nous les en félicitons !). Force est de constater que leur positionnement en tant que chef de bureau ou directeur de cabinet leur permet une visibilité qui est très valorisée au sein de cette sélection.
Concernant les 6 IP présélectionnés, 3 ont réussi la sélection. Cette belle réussite masque le fait que 44 dossiers avaient été déposés et que peu d’entre eux passent le tamis de la présélection. Au final, les candidats retenus occupent des postes de responsable de division/bureau ou d'agent comptable. Nous retrouvons les critères du positionnement hiérarchique et/ou de mobilité si chers au jury…
Il s’avère donc que pour réussir cette sélection en tant qu’IP, il faut réfléchir assez tôt à son poste et ne pas rester dans des directions où les IP ne sont pas en position visible.
Sur les 46 AFIPA présélectionnés, 21 ont réussi la sélection dont un chef de service comptable. Ce taux pourrait apparaître satisfaisant mais le compte n’y est toujours pas. 46 % de réussite, c’est insuffisant au vu de la qualité des parcours des AFIPA, de leur expérience, de leur niveau d’encadrement, et bien sûr de l’investissement que cela leur a demandé. Rappelons que la DG n’hésite pas à dire que c’est une sélection qui se passe généralement en 2 ans, ce qui est un vrai marathon, au détriment souvent de la vie de famille… et professionnelle !
Cette troisième année de sélection a encore mis en valeur le décalage entre les compétences d’expertise et de rigueur détenues par les candidats de la DGFIP et cet exercice. Ainsi, alors qu’on nous annonçait une promotion de 35 personnes, seuls 21 AFIPA ont été promus, soit 2 de moins que l’année dernière Cela vient surtout du fait que beaucoup moins d’AFIPA se lancent dans cette sélection. En effet, nous sommes passés en 1 an de 86 dossiers à 67 ! Les AFIPA se découragent, et même si de nombreux IP tentent leurs chances, on voit bien que leurs chances de réussite sont faibles au regard des doctrines d’emploi des IP de la DGFiP qui ne leur permettent pas de se positionner utilement dans cette sélection, à quelques exceptions près.
De plus, nous avons observé que les candidats retenus avaient très régulièrement changé de poste ou s’étaient distingués par une mobilité géographique forte. Une mobilité tous les 3 ans est d’ailleurs très valorisée lors des oraux blancs. Il reste donc, ce que la DG fait sans vergogne, à envoyer nos IP à l’extérieur de la DGFiP. Nous avons inventé l’anti-attractivité !
A l’opposé, ce mode de sélection écarte les collègues qui se sont investis dans un domaine spécifique comme le contrôle fiscal ou l’informatique , ou qui ont fait des parcours uniformes (du point de vue du jury !).
L’analyse du SCSFIP
Les AFIPA tentent de moins en moins l’aventure (on peut les comprendre !) et les IP qui voudraient se lancer sont plutôt incités à sortir de la DGFiP qu'à passer AFIPA !
Il restera bien sûr les CSC/CSA mais ce n’est pas une panacée .
Bref, nos carrières sont dans l’impasse et la DG continue de nier le malaise des cadres.
Le SCSFIP attend de la Direction Générale qu’elle se mette en mesure d’offrir aux AFIPA et aux IP la possibilité d’évoluer à d’accéder à des fonctions supérieures.
L’accompagnement ne suffit pas puisque du point de vue du SCSFIP, le souci ne vient pas de la qualité des candidats mais bien de cette sélection qui n’est qu’une source de frustration, et qui se fonde sur des critères d’un autre temps (mobilité géographique, positionnement hiérarchique)
Il est plus que temps que la DGFIP explique au jury et au comité ministériel les spécificités des carrières et des compétences des candidats de la DGFIP.
Une évolution de cette sélection est annoncée en 2026 . Si nous étions encore naïfs, nous dirions que peut-être un jour viendra où notre demande se réalisera mais pour le moment, on est loin du compte !