Syndicat des Cadres Supérieurs des Finances Publiques

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Cartes

Évolution du corps des AFiP-AGFiP : maintenant, il est temps de jouer cartes sur table

Cher(e) collègue,

La DGFIP prépare l’ouverture totale des postes d’AFIP et d’AGFIP aux contractuels et aux A+ des autres administrations. En cascade, c’est toute la carrière des cadres de la DGFIP, d’inspecteur à AFIPA, qui est menacée.

Dans la plus grande opacité, notre Direction générale écrit de nouvelles règles qu’elle veut mettre en œuvre d’ici un ou deux mois ! Le SCSFIP réagit :

Nous vivons vraiment des moments bizarres...

Alors que sur nombre de sujets nationaux mais aussi de la vie de la DGFiP, nous n'avons de cesse d'entendre et même d'évoquer nous-mêmes en tant que cadres supérieurs de la DGFiP, les mots de "concertation", "transparence", "qualité d'écoute" et autres expressions de ce type, nous sommes de plus en plus dubitatifs, voire méfiants sur la stratégie managériale menée par la DGFiP avec ses cadres supérieurs.

En matière de dialogue social, notre Directeur général regrette l'absence autour de la table des organisations syndicales pour évoquer l'avenir de la DGFiP. Dans le même temps, lorsque depuis des mois les représentants des cadres supérieurs - au premier rang desquels se situe le SCSFiP - disent ou écrivent (nos liminaires et les comptes-rendus de la CAP 1 en attestent) leur volonté de travailler à l'évolution du statut des AFiP/AGFiP, la porte reste désespérément fermée... ou plutôt, va s'entrouvrir une fois que tout sera arrêté.

Une question se pose alors naturellement : Quelle Direction générale croire ? Celle qui dit tendre les bras ? Ou celle qui ne veut pas attraper les mains qui sont déjà tendues vers elle ?

Cette attitude de la Direction Générale n'est pas sans conséquence sur la confiance des cadres supérieurs qui sur le terrain doivent expliquer, vendre le futur de la DGFiP, rassurer les agents et les partenaires de la DGFiP, bref donner et inspirer confiance. Sans vouloir faire de la psychologie de comptoir et enfoncer des portes ouvertes, il est évident que la confiance engendre de la confiance et que la méfiance provoque de la méfiance.

Concernant la gestion future de ses cadres supérieurs, la DGFiP a choisi sa stratégie : ne rien dire, travailler en chambre, envoyer des signaux négatifs et anxiogènes.
Au SCSFiP, nous croyons qu'une gestion RH ne peut pas être revancharde et/ou punitive. D'ailleurs, avec l'accroissement de la déconcentration des mouvements, chaque cadre dirigeant de la DGFiP, devra être vigilant sur l'équité et la justesse de ses choix RH, car il sera jugé et observé par la communauté DGFiP. De fait, il sera lui-même créateur de confiance ou de méfiance. Bien évidemment, sans cette confiance de ses équipes, il ne pourra pas avancer aussi rapidement qu'il le souhaitera et il échouera.
Ce qui sera valable pour les numéros 1 de demain qui auront « les clés du camion » en matière RH l'est également aujourd'hui pour la Direction Générale. Les cadres supérieurs qui s'investissent à la DGFiP depuis des années ne demandent pas à prendre les décisions à la place du Directeur général ou du Ministre. Néanmoins, ces cadres que nous représentons ne sont pas des enfants à qui il faut cacher une vérité inavouable et ne sont pas non plus des lapins de 6 semaines auxquels on peut servir des "carabistouilles".

Alors oui ! vous allez faire évoluer le statut des AFIP/AGFIP ; oui ! vous allez ouvrir les emplois de directions de la DGFiP à la concurrence, conformément à la loi. Mais avez-vous appliqué la bonne méthode pour conserver la confiance de vos cadres qui vous réclamaient de la concertation sur ces sujets ? La réponse est : non ! non ! et non !
En effet, tout semble déjà bien ficelé. Certes, nous avons été invités, avec les autres OS siégeant en Cap 1 et l'ADAFIP, à une réunion le 20 décembre prochain. Nous avons donc légitimement demandé la transmission préalable des documents préparatoires afin de pouvoir les analyser et être force de proposition. Pour seule réponse, nous avons accusé réception... d'une fin de non-recevoir : « aucun document ne sera transmis ».

Oui, le nouveau monde est définitivement bizarre...
La Direction générale veut travailler avec ceux qui s'y refusent mais refuse elle-même de le faire avec les représentants majoritaires qui appellent de leurs vœux un travail en commun. Tout cela ressemble à une posture ou à un jeu de rôle... à moins que ce ne soit du cynisme ?

Nous espérons pouvoir vous en dire plus après le 20 décembre mais nous allons néanmoins vous communiquer d'ores et déjà le projet de décret sur les emplois supérieurs de la DGFiP et nous reviendrons vers vous avec une analyse détaillée sur ses conséquences potentielles.

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