Syndicat des Cadres Supérieurs des Finances Publiques

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Crise sanitaire : les cadres ont tenu la boutique

Nous venons de vivre une période inédite qui marquera notre histoire tant individuelle que collective. Pendant plus de 8 semaines, nous avons été amenés à faire en sorte que la DGFIP puisse poursuivre son activité, conjuguant toute la rigueur requise avec une capacité d’adaptation et d’organisation remarquable.

Pendant toute cette période, l’essentiel a été préservé : les recettes ont été encaissées, les aides aux entreprises victimes de la crise ont été versées, les fournisseurs des administrations publiques ont été payés, les rémunérations des fonctionnaires - dont celles des personnels soignants - ont été réglées à bonne date et la campagne de déclaration des revenus s’est déroulée dans des conditions plus que satisfaisantes à partir desquelles, il conviendra certainement de capitaliser pour les prochaines campagnes.

Bien sûr, cette réussite est le fruit du travail de l’ensemble des agents de la DGFIP, tous grades confondus. Pour autant, la mobilisation des cadres supérieurs doit également être reconnue. Pendant toute la période, veillant aux conditions de travail des équipes, en présentiel comme en télétravail au gré des consignes parfois changeantes, attentifs aux problématiques rencontrées par les collectivités locales, les entreprises et les usagers de la DGFIP, les cadres ont répondu présent pendant toute cette période. Si la DGFIP peut se targuer d’une certaine réussite dans la gestion de la crise du Covid 19, elle le doit pour une part non négligeable à l’engagement de ses cadres supérieurs.

La DGFiP devra également tirer tous les enseignements de cette crise. L’un d’eux doit passer par une meilleure reconnaissance de ses cadres, qui doivent être mieux écoutés et respectés, et dont les déroulés de carrières devront être à la hauteur de leurs compétences. En effet, ce sont eux qui construiront la DGFiP de demain. Certes, le contrat d’objectif et de moyen qui vient d’être diffusé prend des engagements en ce sens mais les précédents contrats (DOS, DPG…) le faisaient également sans pour autant que ces engagements se traduisent par des actes. D’ailleurs, cela amène à se demander pourquoi la DGFIP souhaite absolument chercher à l’extérieur des compétences qui existent chez ses propres cadres, qui ont fait leurs preuves et qui peuvent, de par leur connaissance fine de la maison, être très réactifs.

Mais cette expérience a révélé d’autres défaillances, en période de crise comme à la sortie du confinement :

Les Plans de Continuité de l’Activité des directions de la DGFIP et des services centraux ont montré leurs limites. Souvent incomplets, pas toujours actualisés, nos PCA n’ont pas pu remplir totalement leur office de document de référence pour le fonctionnement de nos services en période de crise. Il nous faudra manifestement nous habituer à les traiter avec plus de « profondeur » notamment au plus haut niveau de la hiérarchie de la DGFiP.

Autre difficulté que celle née de l’insuffisance des moyens de travail à distance. Le nombre d’ordinateurs portables disponibles pour favoriser le télétravail des agents confinés s’est très vite révélé insuffisant. De même, les possibilités de connexion distante ont vite montré leurs limites, même si des améliorations ont été rapidement perceptibles. Le tout numérique en période de crise est une ambition légitime, mais elle nécessite des moyens importants, à la hauteur des enjeux auxquels nous devons faire face.

Malgré ces vicissitudes, un nombre important de collègues, de tous grades, ont pu apporter en télétravail leur concours quotidien à la bonne marche de la DGFIP. Il est toutefois regrettable que la valorisation de cette modalité de travail, encore balbutiante dans notre administration, ait été la victime d’une erreur d’appréciation quand est venu le temps du décompte des jours de congés à poser obligatoirement au titre de la période de confinement. Donner à penser à nombre de télétravailleurs, restés disponibles à leur domicile et ayant quotidiennement assuré leur mission avec constance, dans des circonstances pas toujours évidentes, que leur engagement n’a été que partiel ou dans des conditions de confort "appréciables", a marqué les esprits et plus particulièrement en ce qui concerne un certain nombre de cadres supérieurs dont les efforts n’ont pas été reconnus.

L’exercice des missions dans toute leur plénitude est désormais effectif, et notre actualité sociale, quelque peu mise en sommeil ces derniers mois, reprend au travers de plusieurs dossiers sur lesquels nous allons vous informer dans les semaines qui viennent :

  • un bilan des mouvements de mutation après la mise en œuvre des premières orientations de la Loi du 6 août 2019 de transformation de la Fonction Publique, c’est-à-dire sans réunion des CAP ;
  • la mise en œuvre de l’échelon spécial pour les AFIPA au titre du PPCR ;
  • l’ouverture du recrutement sur les emplois de direction.

Le SCSFIP continuera, comme il l’a toujours fait, à vous informer et à vous donner les grilles de lecture nécessaires pour que tout cadre supérieur puisse appréhender les évolutions majeures qui vont l’impacter et se projeter dans ce nouvel environnement.

Il convient également de remercier nos capistes qui ont continué pendant la crise à suivre les dossiers des collègues et leur prodiguer de précieux conseils, notamment dans le cadre des mouvements IP et AFIPA.

Nous vous souhaitons dans l’immédiat de bonnes vacances, nécessaires après ces semaines d’intense sollicitation. Prenez soin de vous et de vos proches et restez vigilants face au virus.

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