Carrière et positionnement des IP/AFIPA : toujours des trous dans la raquette

De nombreux collègues nous ont interrogé sur la sélection d’AFIPA et sur un possible déroulé de carrière en cas d’échec.

Le SCSFIP vous fait part de son analyse et s’engage à porter vos demandes.

1. Le nombre d’AFIPA sélectionnés est-il en baisse ?

Quoiqu’en disent les bureaux RH, la réponse est OUI !

Pour la clarté du raisonnement, nous exclurons les candidats de l’examen professionnel, examen qui n’existait pas dans la filière gestion publique et dont le nombre de candidats était quasi constant dans la filière fiscale (8 ou 9).

Les chiffres bruts sur les 5 dernières années sont les suivants :

AFIPA retenus (hors EP) :

Années20092010201120122013
FF 73 72 68 79 61
GP 34 35 31 37 32
Total 107 107 99 116 93

Par conséquent, il est indéniable que le nombre d’AFIPA sélectionnés en 2013 est en baisse, non seulement au regard de l’année 2012 (exceptionnelle il est vrai), mais également au regard des années précédentes puisque l’on constate une baisse de plus de 10% par rapport à la moyenne des années 2009-2011. Cette baisse est particulièrement flagrante pour la filière fiscale (-14%).

En revanche, le taux de sélection est constant pour la filière fiscale, autour de 50%, avec une année atypique en 2012 où ce taux est monté à 58%. Par conséquent, la baisse du nombre brut d’AFIPA sélectionnés s’explique aussi par la baisse du nombre de candidats de la filière fiscale puisqu’il y en avait 163 (EP inclus) en moyenne sur la période 2009-2011 et qu’il n’y en avait plus que 123 (EP inclus) en 2013.

2. Pourquoi cette baisse du nombre de candidats ?

Il s’agit d’une vraie question. Nous ne disposons pas de données précises, mais à notre connaissance, le nombre potentiel de candidats (IP et IDiv), lui n’a pas baissé. On constate donc une désaffection pour les carrières d’AFIPA et les contraintes associées (mobilité, responsabilités accrues, etc), qui est particulièrement flagrante chez les IDIV de la filière fiscale (7 candidats seulement au titre de l’EP en 2013)

Dès lors, on est en droit de s’interroger sur l’attractivité des carrières d’AFIPA au regard des sacrifices qu’elles exigent, comme le fait le SCSFIP depuis plusieurs années maintenant.

3. Pourquoi baisser le nombre brut et ne pas augmenter le taux ?

La réponse est simple : parce que les besoins sont en baisse. En effet, pour déterminer le nombre de lauréats, les bureaux RH ont toujours un arbitrage délicat à effectuer entre leur perception des besoins (en particulier en fonction du nombre de postes budgétaires à pourvoir) et les contraintes du « dialogue social » (ne pas afficher une baisse trop brutale du nombre de reçus et, a fortiori, du taux de sélection).

Au cas présent, du fait de la baisse du nombre de candidats, la DG peut, tout en affichant un taux constant, réduire le nombre d’AFIPA sélectionnés.

4. En quoi les besoins sont-ils en baisse ?

La raison est au moins autant budgétaire que fonctionnelle. En substance, la DGFIP applique aux cadres A+, les réductions d’effectif qui sont demandées aux cadres A, B et C. Mais les répercussions sont de facto plus fortes sur les AFIPA.

Un exemple : une réduction d’effectif de 5 AGFIP, 5 AFIP et 5 AFIPA. En pratique, les réductions en termes de postes disponibles seront donc mathématiquement, de –10 AFIP (5 réductions de postes et 5 AFIP qui ne passeront pas AGFIP) et de –15 AFIPA (10 qui ne passeront pas AFIP et 5 réductions de poste).

N’oublions pas que les AFIPA ont vocation à remplacer les sélectionnés AFIP : 45 AFIP sélectionnés en 2012, 30 (estimation) en 2013, soit 15 postes d’AFIPA qui ne se libéreront pas par promotion des collègues au grade supérieur.

Tous les Inspecteurs Principaux comprennent à la lecture de cet exemple que la répétition dans la durée de ces réductions d’emplois va nuire au taux d’accès au grade d’AFIPA.

5. Dans ce cas, que propose le SCSFIP ?

Nous n’entrerons pas dans le débat du bien-fondé des réductions globales d’effectifs. Dans la conjoncture actuelle, les cadres supérieurs doivent également participer à l’effort qui est demandé à tous.

Mais nous estimons - et nous sommes les seuls - que l’administration doit clairement privilégier les candidats qu’elle a elle-même sélectionnés, à plusieurs reprises, par concours et examen professionnel et qui en ont accepté les multiples contraintes (notamment en matière de mobilité géographique et fonctionnelle) par rapport à ceux qui ont simplement attendu d’être retenus « au choix ».

Aujourd’hui, ce n’est pas le cas, ce que prouve le très faible engouement des IDIV HC pour l’examen professionnel d’AFIPA. Pourquoi faire cet effort important alors que les perspectives de carrière ne sont pas meilleures pour un AFIPA que pour un IDIV HC ?

Le SCSFIP demande donc à l’administration, comme il l’a fait à plusieurs reprises à l’occasion des groupes de travail notamment, qu’elle mette en œuvre une réelle gestion des ressources humaines pour les cadres supérieurs.

Cela passe par :

  • La reconnaissance des cadres supérieurs qu’elle a choisis après des sélections successives et sa conséquence : une mobilité imposée.
  • Une cartographie claire des emplois, où les postes à responsabilité et enjeux sont confiés aux IP-AFIPA-AFIP-AGFIP.
  • Aucune confusion fonctionnelle entre IDIV / IP et IDIV HC / AFIPA
  • Un accès privilégié des IP-AFIPA-AFIP aux postes comptables indiciés (donc à plus fort enjeux), qui doivent s’inscrire dans un parcours de carrière alternatif. Comme nous le rappelons et le rappellerons, comptable c’est un métier, pas un débouché de fin de carrière.

6. Comment concilier ces propositions avec les contraintes actuelles (RH et budgétaires notamment) ?

Nos propositions sont réalistes, elles nécessite simplement une volonté de l’administration, afin d’assurer à ses cadres supérieurs, un avenir à la hauteur de leurs compétences et leurs déroulés de carrière.

Dans cette optique, nous avions obtenu l’assurance par la direction générale de la transformation des postes d’Idiv HC en postes d’AFIPA pour les responsables de division des DRFIP et DDFIP de 1ère et 2ème catégorie, annoncée officiellement par le DGA en réunion nationale des cadres.

Aujourd’hui cet engagement n’est pas tenu. La DG précise désormais qu’il fallait comprendre cette promesse comme étant « à postes budgétaires constants ». Autrement dit, il faudrait attendre la suppression hypothétique de postes dans des DDFIP de 3e et 4e pour qu’une redistribution des postes permette un recalibrage de poste dans une 1ère.

Le SCSFIP n’accepte pas ce retour en arrière. Nous maintenons notre demande que tout poste de responsable de division en 1ère et 2ème catégorie, libéré par un Idiv HC soit immédiatement proposé à un AFIPA. Il existe une solution parfaitement viable, à impact budgétaire constant, pour que l’administration tienne ses promesses : il suffit de transformer un poste budgétaire d’Idiv HC en poste d’AFIPA. Cela nécessite la mise en œuvre d’une politique cohérente de gestion des ressources humaines et un recrutement des Idiv HC et des d’Idiv à la hauteur des besoins réels.

A minima, la DG doit s’engager sur un nombre annuel de transformation égale au nombre de places offerts au légitime Examen Professionnel d’IDIV HC à AFIPA.

Date de dernière mise à jour : 27/03/2015